Manger ses émotions est une réalité que vivent beaucoup de personnes. Ce comportement est influencé par plusieurs facteurs, et chaque parcours est unique.
Ça peut prendre racine dans des commentaires entendus lorsqu’on est jeune. Ça peut aussi venir du fait de ne pas manger assez, de vivre avec des restrictions, ou d’avoir de la difficulté à accueillir ses émotions, qu’elles soient agréables ou non, etc.
Dans ces circonstances, la nourriture devient une stratégie. Une façon de se réconforter, de traverser quelque chose d’éprouvant ou d’accompagner un moment de grande envergure émotionnelle.
Peu à peu, ce réflexe peut s’installer et mener à un cycle de compulsion, qui peut affecter autant le bien-être mental que la santé physique.
Avant de chercher des solutions, il est important de s’arrêter et d’observer ce qui se passe en soi, pour comprendre d’où vient cette habitude.
Le point de bascule est le moment où une tension apparaît en soi. Elle peut être influencée par des facteurs émotionnels, contextuels, sensoriels ou corporels, comme le propose l’outil de cartes Manger ses émotions.
D’autres éléments, parfois plus discrets, peuvent aussi entrer en jeu:
C’est le moment où l’inconfort augmente et devient difficile à tolérer. L’envie de manger peut apparaître comme urgente, et le geste passe presque en mode automatique.
Au début, cet espace est très petit, presque imperceptible. Avec le temps, il devient plus accessible.
La première étape pour sortir du cycle est de s’arrêter un instant, avant de se diriger vers la nourriture. Prendre un moment pour reconnaître le point de bascule et le ressenti.
Est-ce une envie pressante de manger?
Ou est-ce une faim physique?
S’octroyer quelques minutes pour respirer et observer la situation permet déjà de créer un espace. Vous pouvez utiliser l’application Manger ses émotions pour accéder à quelques exercices de respiration.
Elle peut d’abord être une façon, bien humaine, de composer avec un inconfort, une tentative de se protéger, de se calmer ou de combler un besoin. Le soulagement est bien réel… mais il reste souvent éphémère.
Avec le temps, si ce mécanisme, par sa fréquence, se transforme en source de détresse, il peut s’installer et faire partie d’un trouble du comportement alimentaire.
En développant une meilleure conscience de ce qui se passe en soi, il devient possible d’explorer d’autres manières de répondre à ses besoins et de retrouver une relation plus apaisée avec la nourriture.
Après une compulsion alimentaire, on peut ressentir beaucoup de culpabilité ou de honte d’y avoir succombé. Le discours intérieur que l’on entretient face à ce comportement peut accentuer la détresse.
Sortir du cycle demande du temps. Se montrer empathique envers soi-même et reconnaître ses progrès dans ce cheminement permet de renforcer de nouveaux repères.
Il peut être aidant de se questionner à ce moment afin de créer une « réserve de stratégies bien‑être », comme le propose l’outil spécialisé Manger ses émotions avec les cartes Substitut.
Chaque fois que le besoin se présente, cette réserve devient une ressource pour réagir de façon plus ajustée à ce qui se passe en soi.
Avec le temps, observer ces cycles permet de mieux reconnaître ses points de bascule, ses besoins et les ressentis qui les traversent.
Ce n’est pas une question de contrôle, c’est une invitation à se connaître davantage.
Nommer ce qui se passe, comme la tristesse, la solitude, l’ennui ou la colère, aide déjà à en diminuer l’intensité et à former un espace entre le ressenti et le geste automatique.
À partir de là, d’autres réponses deviennent possibles. Accueillir l’émotion différemment, sans chercher à la faire disparaître.
Bouger, créer, parler, se reposer, demander du soutien sont autant de façons de traverser l’inconfort sans se tourner vers la nourriture comme seule réponse.
Ce chemin se construit avec des allers-retours. Chaque moment d’observation, même imparfait, consolide de nouveaux repères.
Chaque émotion vécue devient une occasion de se rapprocher d’une relation plus libre et plus apaisée avec soi-même et avec la nourriture.
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